JAVA

JAVA

Île volcanique de l’Indonésie, Java est séparé de Sumatra par le détroit de la Sonde, à l’ouest, et de Bali par le détroit du même nom à l’est. Sa superficie est de 132 000 kilomètres carrés. Alors que le relief suggère une division en bandes longitudinales, c’est une division transversale qu’ont imposée les autres traits géographiques. En 1991, l’île comptait 107 millions d’habitants, soit près des deux tiers de la population indonésienne, et la densité y était de 814 habitants au kilomètre carré, la plus forte du monde sur une telle étendue et dans un pays peu industrialisé. Ce fort peuplement pose de graves problèmes que l’agriculture semble impuissante à résoudre.

Caractères généraux

Allongée d’ouest en est, sur 1 000 km, l’île de Java est étroite: 180 km de large au maximum, 100 km à peine dans l’isthme central entre Tjirebon et Semarang. Elle appartient entièrement à l’arc interne des guirlandes de l’Insulinde, de plissements récents et de volcanisme actuel.

Trois zones longitudinales: plaines et collines au nord, volcans récents en zone médiane, plateaux et moyennes montagnes au sud. Au nord, des terres basses bordent une mer sans profondeur; la côte, plate, vaseuse, progresse sur la mer grâce à l’action des fleuves et des rivières. Le Solo, le plus grand fleuve, transporte, en crue, 2 750 grammes d’alluvions par mètre cube d’eau. L’axe médian de l’île, un peu décalé vers le sud, est la zone des volcans, posés sur des terrains tertiaires plastiques, plissés puis effondrés (fin du Tertiaire). Au sud, des plateaux lourds, massifs, encore que peu élevés, se terminent sur l’océan Indien et les grands fonds par une côte rectiligne, abrupte et sauvage; les terrains miocènes, généralement résistants (roches volcaniques, calcaires), ont été ondulés, plus que plissés, au Pliocène; ils s’élèvent, du sud vers le nord, jusque vers 750 m et dominent par des escarpements de faille la zone effondrée où sont installés les volcans.

L’île offre un aspect dissymétrique: la grande ligne de volcans est décalée vers le sud. Le réseau hydrographique, orienté presque entièrement vers le nord, présente des caractères assez aberrants parce qu’il a dû s’adapter par des «déversements» à une tectonique très récente: tracés coudés remarquables du Tjitarum, du Brantas, du Solo; cluse du Tjitarum à Djatiluhur, cluse du Solo à Ngawi. Le nord de l’île connaît un climat tropical avec une saison des pluies de novembre à mai. Les pluies diminuent progressivement d’ouest en est, et la saison sèche devient plus marquée.

L’agriculture javanaise présente un des plus beaux tableaux qui soient: la riziculture des plaines est intensive (trois récoltes dans l’année, en partie grâce à l’action du B.I.M.A.S.), les rizières escaladent les flancs des volcans et sont complétées sur les pentes par des champs labourés (tegalan ) où poussent maïs, soja, arachide, manioc, par des jardins (kebun ) qui portent parfois des plantes commerciales (caféiers) et par des plantations. Les sols sont bien meilleurs à l’est qu’à l’ouest: les célèbres «terres noires» des plaines, qui sont des argiles montmorillonites, lourdes mais riches en bases échangeables, ne se trouvent pas à l’ouest du Solo. Par ailleurs, si l’agriculture est beaucoup plus intensive (irrigation) et beaucoup plus rémunératrice (cultures commerciales) à l’est, c’est à l’ouest que sont situées les principales plantations d’altitude.

Java est très peuplé, mais la population est inégalement répartie: elle est nettement plus dense au centre (Jogjakarta: 919 hab./km2; Java central: 834 hab./km2), qu’à l’ouest (764 hab./km2). Enfin les langues ne sont pas les mêmes: l’Est et le Centre sont de peuplement javanais (avec une frange nord-orientale de madurais), alors que l’Ouest est de peuplement sundanais.

Java oriental

L’Est est la partie de l’île où la disposition zonale est le plus harmonieuse et où le relief est le plus aéré. La zone médiane est en effet constituée par six unités, bien individualisées, séparées par de larges dépressions, celles de Malang, Kediri et Madiun en particulier, de sorte qu’aucun obstacle ne s’oppose aux communications entre l’océan Indien et la mer de Java. Au sud, de toutes petites plaines s’intercalent entre les plateaux volcaniques ou calcaires, d’ailleurs peu élevés. Au nord, des rides longitudinales parallèles, de faible altitude, Rembang (678 m) et Kendeng (896 m), correspondant à des plis vigoureux très récents en terrains jeunes (pliocènes), séparent les plaines: plaine côtière, plaines du Serang et du Solo, plaine du Brantas et delta commun au Solo et au Brantas, ces deux dernières plaines étant remarquablement fertiles.

Ces plaines du Nord constituent la zone agricole essentielle. Elles ont un climat tropical, à pluies relativement peu abondantes (1 500 mm à Surabaja) et à saison sèche très marquée de mai à novembre. Les flancs méridionaux des volcans, en revanche, reçoivent des pluies abondantes, même en cette saison, car l’alizé austral y apporte de fortes précipitations orographiques (390 mm en août sur le flanc sud de l’Idjen). De là des conditions exceptionnellement favorables pour l’irrigation, puisque le Brantas, en particulier, draine le flanc sud des volcans Ardjuno et Kawi. À l’irrigation traditionnelle et au réseau hollandais se sont ajoutés des aménagements tout récents sur ce fleuve: barrages Karangkates (1960), Kesamben (1989), Wlingi, tous en amont. Dans la plaine et le delta du Brantas, le réseau d’irrigation permet de faire partout deux récoltes dans l’année sur le même sol, deux récoltes de riz ou une récolte de riz et une de polowidjo (maïs, soja, arachide) et même, depuis quelques années, trois récoltes annuelles de riz grâce aux «riz miracles» à poussée rapide. En fait, c’est pour la canne à sucre que ce réseau avait été créé. Les sucreries hollandaises passaient des contrats avec les paysans; elles prenaient à bail les terres de ceux-ci, leur fournissaient les semences et leur achetaient d’avance la récolte. La canne à sucre était cultivée pendant dix-huit mois – le propriétaire du champ étant alors une sorte d’employé de la sucrerie –, puis arrachée; le paysan reprenait possession de ses rizières pendant les dix-huit mois suivants; les contrats les plus longs étaient de vingt ans pour six récoltes de canne. La culture était menée scientifiquement, au point que Java fut, en 1929, le plus gros exportateur mondial de sucre. Cette culture avait entraîné la création d’une classe d’ouvriers agricoles temporaires pour la coupe des cannes. Depuis l’indépendance, les sucreries ont été nationalisées et on compte cinq grandes unités d’État, dont l’importance est toutefois en régression. Les paysans, de leur côté, ne veulent plus louer leurs terres et cultivent la canne soit pour la vendre librement aux sucreries, soit pour fabriquer du sucre roux de consommation locale (gula ).

Les collines du Rembang et du Kendeng sont, en partie, couvertes de forêts artificielles de tecks. Les flancs nord des volcans sont en tegalan , portant du maïs et du manioc. Sur les flancs sud croissent les hévéas et les caféiers, soit en culture paysanne de jardin, soit en culture de «plantations» aujourd’hui nationalisées: ces productions ont fait la fortune de Malang dans la haute vallée du Brantas (511 000 hab. en 1980). À Kediri se trouve la plus grande usine de cigarettes parfumées au clou de girofle d’Indonésie.

Surabaja, capitale de Java-Est, s’étend du nord au sud, sur le Kali Mas, défluent du Brantas: elle comptait plus de deux millions d’habitants en 1980. Son port est actif, bien qu’il ait perdu sont rôle historique (depuis 1830) d’exportateur de sucre. Il a conservé par contre son rôle, également historique, de base navale. Ces deux fonctions avaient permis le développement précoce d’industries modernes (matériel pour sucreries, chantiers navals, carénage, constructions métalliques, industries électriques, alimentaires, conditionnement), relayées durant l’occupation japonaise par de petites unités industrielles issues d’un artisanat chinois très dynamique. Le «Rotterdam des Indes néerlandaises» a un trafic portuaire de 15 millions de tonnes (1990) et est la «ville ouvrière de l’Indonésie»: textile, verreries, constructions navales, montage d’automobiles, etc. Mais c’est une ville «incomplète» qui n’a pas acquis de pouvoir de commandement sur l’Indonésie orientale.

L’île de Madura, à peine séparée de Java par le petit détroit de Surabaja, présente les caractères essentiels du Rembang. Elle est formée d’une ride calcaire (470 m) qui donne des sols médiocres; le climat est sec, au moins à l’ouest, et les possibilités d’irrigation sont nulles. La culture principale est celle du maïs. Dans de telles conditions, l’île ne peut nourrir sa population, dont la densité est de 550 hab./km2.

Les Madurais, dont le folklore est particulièrement riche, émigrent vers la côte est septentrionale de Java oriental où ils forment la majorité de la population, vers Kalimantan (Sampit), vers l’étranger (New York). Madura est une critical area (zone critique).

Java central

Les deux provinces de Java central et de Jogjakarta constituent le cœur historique de l’île. Nulle part les densités humaines ne sont aussi fortes (respectivement 834 et 919 hab./km2). Les conditions naturelles ne sont cependant pas aussi favorables qu’à l’est. La zone axiale volcanique s’épanouit en deux appareils doubles, Merapi-Merbabu et Sundoro-Sumbing, assez massifs: le Merapi est le plus dangereux des volcans javanais; une de ses éruptions, au XIe siècle, aurait détruit le premier royaume historique de l’île, celui de Mataram. Au nord, mis à part le Gunung Muria, vieux volcan qui culmine à 1 607 m, et le delta du Serang, la plaine septentrionale (plaine de Pekalongan) est étroite, coupée en collines tertiaires, d’une médiocre fertilité et très sèche de mai à novembre. Le Sud est occupé par un plateau calcaire appelé Gunung Sewu et par une plaine dite Urut Sewu; le plateau calcaire des «Mille Montagnes» (Gunung Sewu) est un Kuppelkarst , un karst «à coupoles», désolé, où la roche apparaît à nu et où les seuls endroits favorables sont quelques dolines entre les coupoles; la plaine d’Urut Sewu, ou de Banjumas, est d’une extrême fertilité dans sa plus grande partie, car elle est constituée d’alluvions volcaniques, celles notamment qu’apporte le Seraju; elle est pauvre à son extrémité occidentale.

Les cultures commerciales sont beaucoup moins importantes que dans Java oriental. La culture de la canne à sucre, qui fut assez développée avant 1939, a, à peu près, disparu; celle du tabac reste la principale, notamment dans la région de Klaten. Elle était pratiquée selon le même type d’organisation que dans l’Est: les manufactures de tabac passaient des contrats avec les paysans; en saison sèche, ceux-ci cultivaient le tabac, en saison des pluies le riz. Les manufactures ont été nationalisées et les paysans, de plus en plus, cultivent librement du tabac qu’ils vendent aux usines de cigarettes, ou du tabac «local», haché vert, qui fait l’objet d’un troc important.

Java central n’a aucune grande ville comparable à Surabaja, Bandung ou Djakarta. Surakarta (ou Solo) et surtout Jogjakarta ont toutefois un rôle administratif et culturel, en rapport avec un brillant passé. Semarang est un port et un gros centre commercial, en grande partie peuplé de Chinois (800 000 hab. [?] en 1980). Mais les énormes densités de population sont, plus qu’ailleurs à Java, essentiellement rurales. Les densités sont très élevées dans l’Urut Sewu, la petite plaine de l’Opok, le bassin de Jogjakarta, la haute plaine du Solo: dans certaines communes (desa ), elles dépassent 2 000 hab./km2; du moins les terres sont-elles exceptionnellement riches, l’irrigation très développée, l’agriculture particulièrement minutieuse; la même terre porte couramment trois récoltes dans l’année, deux de riz et une de maïs; les rendements en paddy atteignent parfois 10 tonnes à l’hectare. Par contre, les densités sont aussi fortes, voire plus fortes, dans la plaine de Pekalongan, aux sols pauvres, sans réseau d’irrigation. L’artisanat (fabrication des batiks à la cire réservée), le petit commerce plus ou moins parasitaire y sont des activités de misère, témoignage certain d’un surpeuplement; mieux, dès 1938, dans les districts d’Adiwerno et Plumbon, un tiers de la population était classé officiellement dans les professions «insuffisamment décrites», c’est-à-dire était en chômage. En dépit de la force de la communauté (desa ) qui interdit au paysan toute aliénation de terre et maintient ainsi un régime foncier assez égalitaire, en dépit de la force de l’entraide organisée (gotong-rojong ), les plaines du centre de Java, et surtout celles de Pekalongan, sont dramatiquement surpeuplées. La situation est pire encore dans les Gunung Sewu, ces plateaux hostiles où les hommes ont dû «construire» des champs, tegalan , cultivés en maïs et manioc, taillant les versants des coupoles, construisant des gradins de pierre, apportant la terre, et où la densité dépasse 500 hab./km2; c’est la plus typique des critical areas .

Java occidental

L’ouest de Java, le pays Sunda, est bien différent. Le relief, à la fois plus simple et plus massif, annonce Sumatra. Il tend à opposer la plaine de Djakarta au nord, grande plaine alluviale, et un ensemble montagneux au sud, où les volcans s’individualisent mal. Les principaux d’entre eux (Tjikuraj, Galungung, Patuha, Tangkuban-Prahu, Papandajan) dessinent une sorte de couronne autour de hautes plaines alluviales très fertiles, celle de Garut drainée par le Tjimanuk et celle de Bandung drainée par le Tjitarum: la zone volcanique est donc très massive; par ailleurs, elle est enrobée dans les terrains tertiaires, calcaires ou volcaniques anciens. Ceux-ci, au sud, revêtent la forme de plateaux continus et monotones sur lesquels reposent directement les volcans; au nord, les mêmes terrains, plissés de façon vigoureuse, constituent une ride anticlinale qui sépare les volcans de la plaine. De ce fait, la plaine de Djakarta n’est que partiellement constituée d’alluvions volcaniques, de sorte que sa fertilité est inégale.

Le climat de Java occidental est beaucoup plus humide que celui du reste de l’île. Il peut être qualifié de subéquatorial sur les volcans arrosés en toutes saisons; dans la plaine elle-même, Djakarta reçoit plus de 1 800 mm et la saison sèche y est presque inexistante (au mois d’août, le plus sec, il tombe en moyenne 45 mm de pluies).

Dans ces conditions, l’irrigation apparaissait sans doute moins indispensable. Elle était en tout cas rudimentaire dans la plaine. Celle-ci avait une agriculture relativement peu intensive: une seule récolte dans l’année; les rizières étaient en chaume de mai à novembre. La construction du grand barrage de Jatiluhur, sur le Tjitarum, permet d’irriguer 250 000 ha en toute saison et ainsi de doubler ou de tripler la récolte de riz sur l’étendue du périmètre.

Les plaines de Bandung et Garut sont très bien cultivées. Bien des volcans, en outre, portent sur leurs pentes, jusque vers 2 000 m d’altitude, des rizières étagées donnant deux récoltes. En revanche, tout l’extrême Ouest, aux sols volcaniques acides lessivés par des pluies très abondantes, est faiblement peuplé (moins de 100 hab./km2), et des populations protomalaises (Baduis) y subsistent. Les Sundanais, qui, seuls à Java, habitent encore des maisons sur pilotis, occupaient, semble-t-il, cet Ouest javanais de façon assez clairsemée avant l’arrivée des Hollandais. À la fin du XIXe siècle, ceux-ci ont trouvé aisément, dans les résidences montagnardes de Bogor et surtout de Preanggan, des terres vides où ils établirent d’importantes plantations: hévéas, théiers, cinchonas. La plupart ont été nationalisées et portent l’hévéa en basse pente et le théier en altitude (Garut, Rancasuni, Puntjack).

L’Ouest javanais compte deux villes millionnaires. Bandung (2 millions d’habitants en 1990), la capitale du pays Sunda, est, de toutes les villes d’Indonésie, celle qui a le plus progressé. Fondée, à 750 m d’altitude, par le sultan de Tjirebon au début du XIXe siècle, transformée par les Hollandais en une cité administrative d’altitude, elle est encore aujourd’hui ville administrative de direction et très grand centre culturel (en particulier avec l’I.T.B., l’Institut de technologie de Bandung, dont le rôle est capital en Indonésie). Elle possède des industries de pointe (aéronautique).

Jakarta, l’ancienne Batavia, fondée en 1619 par les Hollandais dans un site portuaire des plus médiocres (Sunda Kelapa puis en 1527, Jakarta) mais dans une excellente position commerciale, au cœur de l’Insulinde, est devenue une énorme agglomération (8 250 000 hab. en 1991). La vieille ville, autrefois traversée de canaux, et l’ancien quartier administratif de Weltevreden forment le centre des affaires et du commerce: Kota et surtout Menteng. Les quartiers résidentiels, Jatinegara (anciennement Meester Coernelis) et Kebajoran, sont au sud; les uns et les autres, noyés dans la masse des kampong (quartiers de style rural et d’urbanisation quasi spontanée), sont peuplés d’indonésiens de toutes origines. À 10 km au nord-est a été aménagé, en 1877, Tandjunk Priok, un des ports les mieux équipés de l’Asie du Sud-Est. Depuis l’indépendance, la ville s’est prodigieusement accrue et modernisée. L’industrie semble avoir beaucoup progressé au cours des années 1970; industries de grande consommation (textile, brasserie, etc.) mais aussi montage d’automobiles et industries de pointe (industries pharmaceutiques): il y avait 219 000 emplois industriels en 1980 contre 68 000 en 1970. Le port de Tandjunk Priok est engorgé (5 millions de tonnes) et, de même, les trois aérodromes (Kemajoran pour le trafic intérieur très actif, Halim et Cengkareng). Une partie de l’agglomération vit de petits métiers, du rôle administratif et politique, enfin de la présence d’organismes internationaux (il y a près de 15 000 étrangers à très haut niveau de vie).

java [ ʒava ] n. f.
• 1922; arg. faire la java 1901 « danser en remuant les épaules »; o. i.
Danse de bal musette à trois temps, assez rapide. Air, musique qui l'accompagne.
Loc. fam. Faire la java : faire la fête. Partir en java : sortir avec l'idée de s'amuser sans retenue.

Java nom masculin (nom déposé) Langage de programmation orienté objets, indépendant d'une architecture matérielle ou d'un système d'exploitation, servant notamment à programmer des applications interactives, ou appelettes, liées à Internet.

java
île d'Indonésie, la plus riche et la plus peuplée du pays (752 hab. /km²), au S.-E. de Sumatra; 128 754 km²; 96 900 000 hab. (Javanais). Cette île volcanique (alt. max. 3 676 m), au climat équat., est fertile: riz, canne à sucre, tabac, café, thé, hévéa, épices, kapok. Le sous-sol contient surtout du pétrole. L'industrialisation touche les grandes villes (Djakarta, Surabaya, Bandung), ports actifs. (V. Indonésie.)
————————
java
n. f. Danse de bal populaire, à trois temps, de cadence rapide; musique qui l'accompagne.
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java
n. m. (Afr. subsah.) Cotonnade imprimée, dont la teinture est de mauvaise qualité.
(En appos.) Un pagne java.
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java
(mer de) mer peu profonde entre Java, Sumatra et Bornéo.

⇒JAVA, subst. fém.
A. — Danse à trois temps, assez saccadée, en vogue dans les bals populaires des faubourgs. Vairon avait pris Sulphart par la taille et dansait une java, avec des grâces de bal-musette (DORGELÈS, Croix de bois, 1919, p. 14).
P. méton. Air, musique accompagnant cette danse. La machine à faire des javas et même des rumbas trompette et piétine, pareille à une batteuse (FARGUE, Piéton Paris, 1939, p. 134) :
La chambrée s'éveilla à l'aube avec des soupirs, des bruits de toux, le voisin de Simon s'assit sur son lit et sortit d'un morceau de serge verte une trompette d'harmonie; il sonna le réveil en fantaisie, et joua une java que les hommes écoutèrent, engourdis de sommeil et perdus sous le plafond lointain de la chambrée.
NIZAN, Conspir., 1938, p. 96.
B. — Fam. ou pop.
1. Fête, partie de plaisir, partie de débauche. Le grand Paul était bon fils. À chaque fois qu'il touchait, il emmenait son dabe en java et le ramenait qu'à l'aube, rond comme un boudin (LE BRETON 1960).
Faire la java, être, partir en java. ,,Faire la fête`` (CAR. Argot 1977). Synon. faire la bringue, la noce, la nouba.
2. Loc. fam. Connaître la java. Connaître l'astuce, la manœuvre (d'apr. ESN. 1966). Synon. connaître la musique. Les élèves? Ils connaissent la java (ESN. 1966).
Prononc. : []. Étymol. et Hist. 1. a) 1901 faire la java (d'apr. CHAUTARD, Vie étrange de l'argot, p. 436); b) 1919 danser une java (DORGELÈS, loc. cit.); 2. 1951 pop. partir en java (d'apr. ESN.). Du nom de l'île de Java.

java [ʒava] n. f.
ÉTYM. 1922; argot faire la java (1901) « danser en remuant les épaules »; orig. inconnue; plus probablt apparenté à 2. Javanais qu'à l'île de Java, sans rapport apparent avec la danse.
———
I
1 Danse à trois temps, assez saccadée, populaire dans les grandes villes (lancée à Paris) et liée aux bals musettes. || Bal populaire où l'on danse la java. || « La java s'en va », tiré de la chanson de C. Nougaro, « Le jazz et la java ».
2 Air, musique sur lequel, laquelle se danse la java. || Jouer une java à l'accordéon.
1 Il (le piano mécanique) avale, par une mince bouche bordée de cuivre, des jetons de vingt centimes, et les rend au centuple en polkas métalliques, en javas de fer-blanc terne, trouées de grands trous de silences phtisiques.
Colette, la Naissance du jour, p. 206.
3 Loc. fig., fam. Connaître la java : connaître la musique (I., 5.). || En voilà un qui connaît la java !
———
II (1951, Esnault). Pop. (cour. en milieu rural). Noce, nouba. Faire la java : faire la noce, la foire. || Quelle java ! || Une sacrée java.Partir en java : sortir avec l'idée de s'amuser sans retenue, d'en profiter. || Emmener ses potes en java.Iron. (en parlant de mauvais traitements → Danse) :
2 — Pour sûr, Léon, c'est la foire ! C'est même la java !
René Fallet, le Triporteur, p. 426.
3 Pouvaient-ils réellement se trouver dans un bureau de l'antigang et en même temps faire la java chez moi en compagnie de prostituées ! Ce sont des flics que la P. J. emploie ou bien des gurus ?
Martin Rolland, la Rouquine, p. 214.
4 Tu penses pas que Riton va maintenant rabattre dans le secteur pour vous emmener en java ? Vaudrait certainement mieux vous casser aussi.
Albert Simonin, Touchez pas au grisbi, p. 13.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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